La transition secondaire-collégiale et la réussite

Dans le cadre d’une journée pédagogique ayant pour thème la transition secondaire-collégial, qui s’est tenue au collège de Bois-de-Boulogne le 31 mars 2011, Simon Larose, qui étudie la question de la persévérance scolaire depuis de nombreuses années déjà, a proposé une conférence stimulante et pertinente. Disons-le d’emblée : monsieur Larose est un grand vulgarisateur, rigoureux et méthodique : un spécialiste qui sait rendre compte de recherches complexes. Sa conférence avait pour titre « La réussite scolaire des jeunes et les pratiques exemplaires pendant la transition secondaire-collégial ». Le présent texte rappelle quelques faits marquants de sa présentation et n’a nullement la prétention d’être complet. Je souhaite tout simplement être le plus fidèle possible aux propos qu’a tenus le conférencier et vous donner envie d’en savoir un peu plus sur le message qu’il a livré.

D’abord, si le passé n’explique pas tout, force est de constater qu’il permet de prédire les chances d’entreprendre et de réussir des études collégiales. Le sexe de l’étudiant, les dispositions sociales que le jeune avait dès la maternelle, certaines attitudes parentales, les résultats scolaires au primaire ou au secondaire sont autant de facteurs qui ont été examinés pour en vérifier la (très forte) corrélation avec des indices de persévérance, de réussite et de diplomation au collégial. Monsieur Larose conclut en disant que la diplomation au collégial s’explique en très grande partie par des éléments qui surviennent et agissent bien avant l’arrivée au collégial. Ainsi, la marge de manœuvre du collégial est réduite… mais elle est bien réelle.

Qu’est-il possible de faire concrètement ? Quelles actions sont susceptibles d’avoir les effets les plus significatifs sur la réussite ? Monsieur Larose a déboulonné quelques mythes tenaces : par exemple, le fait de réduire la taille d’un groupe aurait un effet moins visible sur la réussite scolaire que l’enseignement explicite de stratégies métacognitives, par exemple. Parmi les actions les plus « efficaces » se trouvent l’évaluation formative, une bonne gestion de classe, la clarté de l’enseignement, la qualité de la relation enseignant-élève, l’enseignement réciproque, etc. C’est du moins ce qui ressort d’une ambitieuse synthèse qu’a publiée récemment John Hattie sous le titre Visible Learning. Il s’agit en fait d’un travail basé sur 800 méta-analyses, elles-mêmes basées sur plus de 52000 études qui ont touché 236 millions d’élèves ou d’étudiants ! En consultant la courte présentation de l’étude publiée sur le Web, le lecteur aura un avant-goût des grandes conclusions de l’auteur.

Veuillez prendre note que le PowerPoint de la présentation de monsieur Larose est disponible sur le site du projet ERES (Évaluation du renouveau de l’enseignement au secondaire). Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2009, le chercheur présentait plus en détails les résultats de l’étude longitudinale à laquelle il a participé et qui voulait évaluer les liens entre l’histoire développementale de l’enfant et la diplomation aux études collégiales. Sa présentation est résumée sur le site de l’ACFAS.

Vous étiez à la journée pédagogique ? Quel aspect mériterait d’être plus développé sur notre blogue ? Qu’est-ce qui vous a le plus intéressé de la présentation ?

Vous n’étiez pas à la journée pédagogique (si vous saviez ce que vous avez manqué, mais vous aviez sûrement une très bonne raison) ? Vos commentaires et questionnements sont les bienvenus tout de même.

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